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Le flou terminologique est-il à la mode? Sens et contresens théoriques de la notion de «littérature-monde»
Mounia Benalil (Université de Montréal)
Depuis la parution du Manifeste des 44 dans "Le Monde" du 16 mars 2007 et la publication au cours de la même année du collectif "Pour une littérature-monde" sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud, la réflexion sur le concept de "littérature-monde en français" (déjà proposé par Le Bris en 1992 et appuyé par les signataires du Manifeste) ne cesse d'alimenter des débats divers. La démarche des défenseurs de "la littérature-monde en français" s'inscrit dans une dynamique de refus et de rejet de la pensée politique de la francophonie en tant qu'institution héritée du colonialisme français et demeurée longtemps tributaire du "centre hexagonal" - point de consécration et de rayonnement de toute littérature franco-française venant de la "périphérie."
Or bien qu'elle soit attrayante, la pléiade de ces signataires comporte plusieurs contresens et soulève des questions. Dans cette communication, je propose de discuter les facettes de la notion de "littérature-monde en français" à partir des pôles francophonie/postcolonialisme; francophonie/littérature-monde et francophonie/mondialisation. Mon but est de montrer que l'enjeu entourant l'idée de "la décomposition" de l'étiquette "francophonie" (autrement dit "la fin de la francophonie") et son remplacement par celle de "littérature-monde" traduit et concerne plutôt une menace d'un autre ordre : celle de l'impérialisme culturel imposé par la mondialisation actuelle et auquelle la francophonie, par son potentiel de diversité, est appelée à faire face.
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